Dossier harcèlement : prévenir ou s’en sortir 5/5

L’Organisation Mondiale de la Santé accorde une grande importance au développement sain d’un enfant. L’OMS considère le harcèlement scolaire comme une violence et invite les états membres à développer les compétences psycho-sociales à la maison et à l’école afin de prévenir la violence sociale.

parents, enseignants, médecins, éducateurs, nous devons tous nous sentir concernés

Les adultes éducateurs, qu’ils soient parents, enseignants, professionnels médicaux ou encore éducateurs peuvent tous apporter leur pierre à l’édifice pour tenter de contenir ce fléau. En promouvant le respect, le civisme, les rapports égalitaires, le respect des différences et l’égalité entre toutes les personnes.

Il est également important de prendre en considération la violence que le harcèlement représente, notamment pour les victimes et les témoins. Un enfant doit savoir qu’il pourra être entendu dans sa plainte ou son témoignage, et donc autorisé à signaler (et non dénoncer) une situation de harcèlement.

Enfin, il est essentiel et vital de permettre aux enfant de s’en sortir et de leur apprendre à se défendre.

La prévention du harcèlement scolaire: les 3 « E »

selon Catherine Verdier (Psychologue-psychothérapeute-analyste pour enfants et adolescents, fondatrice de Psyfamille à Luxembourg)

Les enfants ne naissent pas avec un mode d’emploi relationnel et, la prévention passe par le développement de comportements pro-sociaux. La capacité à s’affirmer sans passivité ni agressivité peut s’enseigner dès le plus jeune âge grâce aux 3 « E »:

Les Émotions: la compréhension de nos propres émotions permet de comprendre celles des autres et les besoins qui y sont associés. Ce vocabulaire des émotions est une hygiène de vie qui nous permet de ne pas s’oublier en tant qu’individu. En effet comment comprendre l’autre si nous sommes débordés par nos émotions ?

L’Estime de soi est au cœur de la problématique du harcèlement scolaire: un harceleur tend à avoir une faible estime de lui-même puisqu’il a besoin de rabaisser les autres pour se sentir fort. A l’inverse, avoir une confiance en soi défaillante, être timide et avoir des relations sociales difficiles, constituent des facteurs de risque (mais ne sont nullement des excuses) pour être agressé. Et bien sûr, l’estime de soi d’une victime qui s’érode au fil des agressions.

L’estime de soi se forge sur la base d’une éducation positive et bienveillante (respecter l’enfant et son rythme, le valoriser, l’encourager, positiver chaque progrès, ne pas le juger, l’amener à trouver des solutions).

Apaiser, comprendre, encourager sont les bases d’une estime de soi solide. Et sachez que plus un enfant reçoit de bienveillance, plus son cerveau secrète une hormone appelée ocytocine (hormone du bien-être et du lien avec les autres) et plus il a de chance de devenir empathique et altruiste.

L’Empathie est un état d’esprit. Elle ne s’enseigne pas, elle se transmet par l’exemple et le modèle adulte que nous montrons. L’empathie est la disposition à ressentir ce que l’autre ressent. Elle existe dès le plus jeune âge et il s’agit de continuer tout au long de la croissance de l’enfant à entretenir cette valeur indispensable à un meilleur savoir-être.

Ces trois axes permettent de développer au quotidien et par tous les adultes s’occupant d’enfants, ce qu’ils ont de meilleur en eux: assertivité, audace, ouverture d’esprit, réflexion, curiosité et compétences relationnelles.

C’est-à-dire un meilleur savoir-être avec soi et les autres pour qu’un enfant ne devienne ni victime ni harceleur dans sa vie.

 

ED. DU ROCHER

Catherine Verdier – #J’aime les autres, les bonnes relations à l’école – Editions du Rocher, septembre 2017

 

apprendre aux enfants à se défendre et à rompre le cercle vicieux

Et si, pour une fois, on regardait le problème sous un autre angle ? Si, au lieu de convoquer les harceleurs pour les punir, on cherchait à mieux armer les harcelés pour leur donner les moyens de se défendre eux-mêmes ? Cette démarche n’est jamais le premier réflexe des adultes qui, n’écoutant que leur bon cœur, volent au secours de l’enfant harcelé – ce qu’on ne saurait leur reprocher. Cependant, en intervenant pour sermonner le harceleur, le responsable d’établissement ou l’enseignant renforce bien souvent et sans le vouloir, l’image de victime de l’élève harcelé. La conviction qu’il est incapable de s’en sortir tout seul s’installe chez lui comme chez les autres élèves. Une croyance qui alimente souvent un cercle vicieux engendrant de nouvelles situations de harcèlement.

L’enfant ou l’adolescent harcelé a moins besoin, en réalité, de la protection des adultes que d’apprendre à se faire respecter. Ces compétences, il peut les acquérir s’il bénéficie, au bon moment, du soutien adéquat. C’est ce que propose la thérapie « brève et stratégique », développée en France par les équipes du réseau Chagrin scolaire depuis une dizaine d’années. Cette façon inédite d’aborder les situations de souffrance scolaire s’appuie sur les travaux du Mental Research Institute (MRI), à Palo Alto (Etats-Unis), héritier de « l’école de Palo Alto », un courant fondé dans les années 1950 par le psychologue américain Gregory Bateson.

Une stratégie qui permet de résoudre 85 % des cas de harcèlement vus en consultation

Les thérapeutes du réseau Chagrin scolaire élaborent un plan d’action individuel et adapté à la situation de chaque enfant. Une sorte de scénario que l’enfant met ensuite en œuvre dans la cour de récréation au moment où le harcèlement se produit.

Cette approche est d’autant plus intéressante qu’elle répond à l’hypothèse que les harcelés ne sont pas nécessairement et exclusivement « sélectionnés » sur leur différence mais sur une faille à un instant t dans laquelle le harceleur s’engouffre.

L’appel au « respect de la différence » entre les élèves ne suffit donc pas à lui seul pour résoudre le problème de harcèlement. En revanche, amener les harcelés à modifier leur réaction permet de briser le cercle vicieux. Au lieu d’un timide « Arrête ! » qui laisse entendre au harceleur qu’il n’y aura aucune conséquence à ses actes, les harcelés sont amenés à envoyer le message : « Continue et tu vas t’en mordre les doigts, notamment en ce qui concerne ta popularité ».

Ces méthode aide les enfants qui souffrent à restaurer leur confiance en eux et les amènent à savoir se défendre. Ils peuvent alors se faire respecter s’ils rencontrent, ultérieurement, des situations similaires.

 

sources : 3 clés pour prévenir le harcèlement scolaire et s’en défendre

Harcèlement à l’école : apprenons aux enfants à se défendre

 

DOSSIER HARCÈLEMENT

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Dossier harcèlement : des conséquences graves 4/5

Si les effets dramatiques et immédiats du harcèlement scolaire sont relativement bien connus : troubles du sommeil, décrochage scolaire, dépression, suicide… De nouvelles recherches mettent en lumière les conséquences du harcèlement sur le long terme et leur impact à l’âge adulte.

Le harcèlement ne forge pas le caractère, il le détruit

À court terme, le harcèlement provoque des troubles du métabolisme et du comportement ainsi qu’un isolement relationnel. À moyen terme peuvent apparaitre des troubles anxio-dépressifs et l’échec scolaire. À long terme, on observe des troubles de la socialisation et des troubles psychiatriques : dépréciation de soi, dépression…

Le syndrome post-harcèlement à l’âge adulte

Ellen Walser deLara, thérapiste de la famille et professeure en travail social à l’Université de Syracuse dans l’État de New York, a interviewé plus de 800 personnes âgées de 18 à 65. Elle a identifié des symptômes récurrents qu’elle a nommé : APBS pour « adult post-bullying syndrome » ou « syndrome post-harcèlement à l’âge adulte ». Dans son étude, elle a pu analyser que plus d’un tiers des personnes qui ont été harcelées et qu’elle a pu suivre sont affectées par ce syndrome post-harcèlement.

Selon la chercheuse, dans une certaine mesure, ce syndrome peut être rapproché du « syndrome de stress post-traumatique ». Ce syndrome se retrouve chez des personnes ayant subi des expériences terriblement traumatisantes, lesquelles perturbent fortement leurs réponses combat-fuite (réaction de l’organisme face aux menaces et au stress).

Des séquelles dans la vie professionnelle

Le harcèlement scolaire a aussi des répercussions sur la carrière professionnelle. Les participants ayant été maltraités par leurs camarades ont admis avoir des difficultés à trouver du travail et à garder leur emploi longtemps.

« Être victime de harcèlement est très traumatisant et peut laisser des cicatrices émotionnelles pour le reste de sa vie, estime le psychologue Guy Winch. Par conséquent, certaines personnes, quoi qu’elles fassent, vont toujours avoir moins confiance en elles que les autres, ratant ainsi des opportunités. »

DES CONSÉQUENCES POUR TOUS LES ACTEURS DU HARCÈLEMENT

Qu’en est-il des harceleurs ? Des chercheurs de l’université de Pittsburgh, en Pennsylvanie ont suivi 305 hommes, du cours préparatoire jusqu’à leur trentième anniversaire, en analysant régulièrement leur état de santé. Chacun d’entre eux avaient été harcelé ou harceleur entre l’âge de 10 et 12 ans. Une fois adultes, près de 260 participants ont passé des tests sanguins et rempli un questionnaire pour évaluer leur niveau de stress, mieux connaître leurs habitudes alimentaires et leur statut socio-économique.

Résultat, les enfants harceleurs sont nombreux à rester agressifs à l’âge adulte, voire hostiles. Ils sont plus enclins à consommer des substances addictives, et, plus étonnant, leur risque cardiovasculaire augmente. Plus de 20 ans après, ils sont quotidiennement confrontés à des situations de stress.

« Les deux groupes subissaient beaucoup de stress à l’âge adulte, on peut donc dire que l’impact du harcèlement dure longtemps ! » précise la chercheuse Karen Matthews, responsable de l’étude. « La plupart des recherches sur le harcèlement se concentraient sur les conséquences sur la santé mentale, mais nous souhaitions examiner l’effet potentiel du harcèlement sur la santé physique et les facteurs de risque psychosociaux ayant eux-mêmes un impact négatif sur la santé physique« , ajoute-t-elle.

 

 

DOSSIER HARCÈLEMENT

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Dossier harcèlement : une relation triangulaire 3/5

S’il puise assurément une partie de son origine dans les personnalités respectives du harceleur et de la victime, le harcèlement ne se maintient dans la durée que parce des pairs le soutiennent, l’encouragent ou feignent de l’ignorer.

un phénomène de groupe

Il est très rare de le voir le harcèlement se développer dans le cadre fermé d’une relation duale. La présence du groupe semble même être l’une des conditions nécessaire à son existence.
On peut ainsi représenter un phénomène de harcèlement sous la forme d’une relation triangulaire réunissant un harceleur, une victime et un groupe de pairs.

Cette relation victime-agresseur-spectateurs est centrale et les pairs sont amenés à jouer un tout à fait déterminant au sein du processus de harcèlement. Ils peuvent, en effet, l’encourager, réduire ses effets ou le faire cesser selon l’attitude qu’ils vont adopter : participation directe ou indirecte, par des rires et des moqueries, ou à l’inverse désapprobation et même soutien apporté à la victime.

S’intégrer ou s’exposer

Les enfants et adolescents, comme les adultes, entretiennent des relations sociales et participent à des groupes. Marie Raynal, dans l’un de ses éditos pour la revue Diversité, explique ainsi que l’affiliation au groupe est essentielle pour eux – les enfants veulent être reconnus par les autres, adopter les codes et normes en vigueur, ils veulent « être comme ».

Tout comme nous, ils veulent avoir un « groupe d’appartenance ».

Pour survivre, pour intégrer le groupe, il faut donc suivre à tout prix. Se retrouver isolé, c’est s’exposer au risque de devenir soi-même la victime du groupe. On se protège derrière le groupe.

les TÉMOINS

Christina Salmivalli, professeur de psychologie à l’université de Turku en Finlande, a montré qu’à l’intérieur d’un groupe assistant à une scène de harcèlement, les témoins étaient impliqués de différentes manières. Elle identifie clairement trois positions que peuvent adopter les témoins de faits de harcèlement.

les supporteurs

Au sein d’un groupe de harceleurs on peut toujours trouver un meneur, celui sans qui le harcèlement n’aurait pas lieu. Mais à ses côtés, on remarque aussi toute une série de lieutenants, les seconds couteaux qui encouragent et renforcent les actes d’agression.

« Certains élèves, note-t-elle, vont devenir les assistants de l’attaquant ; d’autres, s’ils n’agissent pas directement contre la victime forment, en toile de fond un soutien important à celui-ci, en riant, en faisant des gestes encourageants ou en s’attroupant simplement comme voyeurs ».

les outsiders

D’autres élèves, souvent les plus nombreux, vont rester en retrait sans se positionner très clairement. Ils n’approuvent pas forcément ce qu’ils voient mais ils laissent faire.

les défenseurs

Enfin, il y a la troisième catégorie d’élèves, ceux qui prennent position en faveur de la victime soit en intervenant directement pour s’opposer au harcèlement, soit en aidant la victime après coup en la soutenant et en la réconfortant.

(Extrait de l’article : Jean-Pierre Bellon et Bertrand Gardette, Le rôle des pairs dans la constitution du harcèlement scolaire.)

 

Victimes et bourreaux : même profil

Loin des clichés de couples fort – faible, gentil – méchant, où tout pourrait sembler joué d’avance, harceleurs et harcelés partagent souvent la même vulnérabilité. Ils ont d’ailleurs souvent été amis auparavant. C’est le cas dans 2/3 des cas ! Et il n’est pas rare que d’anciens harcelés deviennent harceleurs à leur tour.

Alors oui le petit caïd, au tempérament impulsif, se retrouvera plus fréquemment du côté des harceleurs et l’enfant qui présente des caractéristiques physiques singulières, fera plutôt partie des harcelés. Mais comme pour les témoins, les situations sont multiples et globalement imprévisibles. Tout commence par une volonté de stigmatiser la différence, associée à l’identification d’une faille de vulnérabilité chez la victime potentielle mais aussi à la perspective de prendre du galon dans le groupe, d’exercer un pouvoir, d’avoir le contrôle.

A partir de là, c’est l’enchaînement. Le phénomène de groupe, la posture dominante acquise par le bourreau, qui voit sa côte de popularité augmenter, ne laisse aucune chance à la machine de s’arrêter.

Les harceleurs, qui sont-ils ?

Il n’existe pas de profil type du harceleur, mais les experts – avec chacun son avis bien tranché – ont identifiés différents groupes (pas toujours similaires d’un expert à l’autre).

Si les harceleurs peuvent agir pour masquer leur propre vulnérabilité ou comme exutoire (de ce qu’ils vivent à la maison par exemple), comme nous l’avons vu précédemment, Emmanuelle Piquet, elle, estime que les auteurs ne sont pas nécessairement des enfants malheureux ou manquant de confiance en eux.

PRÉSERVER et développer sa popularité

Pour elle, la position sociale au sein de l’échelle du collège entre en jeu. A l’adolescence, les enfants vont, avant tout, être en quête de popularité. Et dans le même temps, la compassion et la morale prennent une importance de plus en plus minime pour eux. « Il existe une vraie injonction sociétale à être populaire, et une façon de le devenir consiste à prouver son ascendance sur l’autre en lui faisant peur« , soutient-elle.

Elle distingue deux profils de personnes populaires.  Le profil « Lady Di » : il s’agit d’enfants beaux, généreux, sympathiques, à l’écoute des autres. Ils sont appréciés par tout le monde et peuvent changer de groupe comme bon leur semble. Ils n’ont donc pas besoin d’harceler les autres pour être populaires. Ces enfants ne représentent que 2 % des élèves.

le profil « Nelly Olsen »

Du nom de la chipie dans la série La Petite maison dans la prairie. Ces enfants sont populaires car ils arrivent à retourner un groupe contre une seule personne, grâce, par exemple, à leur répartie. Ces harceleurs choisissent leur proie (enfant qui vient de se disputer avec son meilleur ami, d’avoir une mauvaise note, etc.), et vont tenter de la déstabiliser, et continuer si l’autre ne se défend pas.

Volonté de nuire

Et puis, et même si les experts du sujet l’évoquent moins souvent, les harceleurs peuvent aussi et tout simplement décider de s’attaquer à une victime pour lui nuire, sciemment. Le processus de harcèlement se déclenche généralement en réaction à une jalousie, rivalité, blessure d’égo, etc.

La responsable d’une étude menée par le département de sociologie de l’université de Pennsylvanie, Toxic Ties: Networks of Friendship, Dating, and Cyber Victimization indique :

« Les amis ou anciens amis sont plus enclins à se trouver dans des situations où ils concourent aux mêmes écoles, clubs, places dans une équipe sportive ou encore relations sociales. Les jeunes qui sortent ensemble, eux, ont souvent des sentiments blessés ou amers après une rupture. Ils peuvent alors les renvoyer sur leur ancien partenaire via une cyber-agression« 

Quoi qu’il en soit, et quelles que soient les raisons qui ont poussées le harceleur à lancer ses attaques, le sentiment d’impunité et la dilution de responsabilité – puisque je ne suis pas le seul à le faire et que personne n’intervient, alors je ne porte pas la responsabilité seul – laissent croire le harceleur que son comportement n’est finalement pas si répréhensible que ça.

 

et les victimes alors ?

Pour le ministère de l’Éducation nationale, le harcèlement scolaire résulterait, au moins en partie, du rejet de la différence : caractéristique physique, orientation sexuelle, un handicap, ou bien encore l’appartenance à un groupe minoritaire dans l’école ou le collège.

détecter un talon d’achille

L’École de Palo Alto considère, quant à elle, que la stigmatisation serait liée à une vulnérabilité de l’enfant à un moment donné. N’importe quel élève est susceptible d’être pris pour victime à n’importe quel moment et pour n’importe quelle raison – voire même sans raison. Les autres enfants repèrent vite qu’ils peuvent exercer leur pouvoir sur celui-là.

« Le harcèlement se nourrit en effet avant tout de la vulnérabilité d’un enfant. C’est seulement dans un deuxième temps que le harceleur va se saisir d’une particularité quelle qu’elle soit pour accentuer la vulnérabilité qu’il aura décelée en amont. » Emmanuelle Piquet

un cercle vicieux

Ensuite, tout est question de réaction de la victime. Le harcèlement étant une exploitation de la faiblesse, si la victime n’ose pas ou ne réussit pas à se défendre, le phénomène risque de se durcir. Ne pas réagir est la pire des solutions.

C’est en effet plus une question de posture qui fera basculer, ou pas, un enfant dans le cauchemar du harcèlement. Un enfant sera capable, contrairement à un adulte de détecter une fragilité chez un autre enfant, et c’est ce qui le poussera à le taquiner, afin de voir s’il y a ou non du répondant de sa part… ainsi se met en place le cercle vicieux du harcèlement scolaire.

 

Pour aller plus loin (et également parmi les sources qui nous ont permis d’écrire cet article) :

http://temoignages.francetv.fr/harcelement-scolaire/

http://www.bourreauxdecole.fr/#Bourreaux_d’%C3%A9cole

http://www.madmoizelle.com/harcelement-scolaire-parole-harceleuses-180989

Le Harcèlement scolaire en 100 questions

https://www.universitedepaix.org/tag/harcelement-scolaire

 

DOSSIER HARCÈLEMENT

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Dossier harcèlement : Le harcèlement, c’est quoi ? 2/5

Le harcèlement, c’est quoi ?

Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence se retrouve aussi au sein de l’école. Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre.

Lorsqu’un enfant est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement.

Les 3 caractéristiques du harcèlement en milieu scolaire :

La violence : c’est un rapport de force et de domination entre un ou plusieurs élèves et une ou plusieurs victimes.
La répétitivité : il s’agit d’agressions qui se répètent régulièrement durant une longue période.
L’isolement de la victime : la victime est souvent isolée, plus petite, faible physiquement, et dans l’incapacité de se défendre.

un fléau mondial

Le 17 janvier 2017, l’UNESCO a dévoilé son rapport sur le harcèlement scolaire dans le monde. Et le constat est alarmant : plus de 200 millions d’enfants et d’adolescents en seraient victimes. 

Dans son rapport intitulé « Violence et harcèlement à l’école. Rapport sur la situation dans le monde »,  l’UNESCO analyse et répertorie les causes identifiées de ces violences mais informe également sur les solutions mises en place dans divers pays.

Infographie sur l'harcèlement scolaire dans le monde, produite par Respect mag à partir du rapport de l'UNESCO, publié le 17 janvier 2017.

qui concerne près d’un enfant sur 10 en france

En France, la parole se libère petit à petit, et notamment grâce aux efforts de Nora Fraisse, suite à la tragédie vécue par sa fille Marion, mais les chiffres sont encore effarants. 700.000 élèves seraient harcelés (chiffres du gouvernement publié l’an dernier) et selon plusieurs enquêtes, le harcèlement toucherait en primaire 12% des élèves, dont 5% de manière sévère, 10% au collège(7% de manière sévère), et 1,4% des lycéens.

 

Les différentes formes de harcèlement

Le harcèlement scolaire ne doit pas être réduit aux moqueries ou enfantillages. Si les violences physiques peuvent parfois être repérées grâce aux stigmates visibles qu’elles laissent ; les violences psychiques (insultes, brimades menaces verbales…) sont particulièrement perfides, car plus difficilement détectables.

Le harcèlement physique concerne 5,1% des élèves : coups, bagarres, vols et rackets, enfermement forcé, gestes déplacés… A noter que les «  jeux dangereux » comme les jeux d’évanouissement ou les jeux de défis peuvent également participer à une logique de harcèlement.

Le harcèlement psychique touche 8% des élèves. Qu’il soit verbal ou symbolique, le harcèlement moral se décline en trois types :
–       verbal (insultes, menaces, rumeurs)
–       émotionnel (humiliation, chantage, mise à l’écart)
–       sexuel (provocations sexuelles verbales, menaces de violences sexuelles)

Le cyber-harcèlement touche plus souvent les filles sur Internet, alors que les garçons se disent plus souvent victimes de harcèlement par téléphone portable. Les nouvelles technologies de communication sont autant de relais qui permettent aux insultes et menaces de continuer à atteindre la victime même à la maison. Le cyber-harcèlement peut prendre de multiples formes : intimidations, insultes, propagations de rumeurs en lignes…

harcelement-a-l-ecole

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sources :

respectmag.com/25131-savez-combien-millions-enfants-victimes-harcelement-scolaire

psychologies.com/Famille/Education/Scolarite/Articles-et-Dossiers/Harcelement-scolaire-le-reconnaitre-pour-mieux-le-combattre

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Suivez et réagissez à notre dossier sur le harcèlement scolaire 1/5

9 novembre Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire

Dans le cadre de cette journée de sensibilisation, nous avons décidé de publier un dossier en plusieurs articles (dont plusieurs serons issus de sites tiers) afin de :

  • Rappeler que le harcèlement scolaire reste un fléau avec, en moyenne, 1 enfant sur 10 touché au cours de sa scolarité.
  • Donner des clés de lecture et d’accompagnement aux familles, aux victimes mais aussi aux bourreaux pour que les choses puissent changer.
  • Dire aussi que le harcèlement peut avoir des conséquences graves, voir très graves.
  • Mais aussi montrer qu’il est possible de s’en sortir et de soigner ses plaies.

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J’SAIS PAS QUOI LIRE : la saison 02 a démarré

Connaissez-vous la rubrique J’SAIS PAS QUOI LIRE de notre blog ?

Née de l’envie de partager le goût de la lecture avec nos enfants et parce que l’on sait qu’il n’est pas toujours facile de se tenir informé des nouveautés littéraires nous avons lancé l’année dernière la rubrique J’SAIS PAS QUOI LIRE.

En tout c’est plus d’une trentaine de livres qui ont été présentés, pour satisfaire la curiosité des plus petits jusqu’aux plus grands. Et fiers de cette première moisson, nous réitérons l’exercice avec la saison 2 (S02 comme dans nos séries chéries).

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TESTÉ PAR LES FAMILLES : CONSTRUIS, PROGRAMME ET PILOTE UN ROBOT LEGO® !

Pour une première approche ludique de la programmation objet, découvrez les ateliers proposés en partenariat avec LEGO® education à la bibliothèque de la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Le principe de ces ateliers est simple : un.e médiateur.trice, des kits LEGO®, une dizaine d’enfants et… c’est parti ! Après une heure trente d’activité, chaque mini ingénieur aura assemblé le robot Milo ou EV3 Mindstorms, petit concentré de technologie, permettant de découvrir les principes de base de la construction et de la programmation, le tout en coopération. De quoi devenir de parfaits petits makers en herbe ! Lire la suite